Exorciser les démons....

 

A travers mes diverses lectures, mais aussi grâce aux discussions avec mon mari et ma coach en bienveillance il paraît évident, urgent et limite vitale que j'exorcise mes démons... ceux qui me hantent depuis si longtemps... ces phrases que j'ai entendu, ces regards que j'ai subi, ces sensations, cette pression...Mettre à plat tout ça, pour faire table rase une bonne fois pour toute et avancer... vraiment...

Alors je vais jetter là, sans ordre, sans plainte mais juste pour m'en défaire toutes ces choses qui me pèsent tant, avec l'espoir de me sentir légère ensuite..

Nous sommes trois enfants. Deux filles, un garçon. Mes parents auraient dû avoir un garçon avant ma soeur.. mais malheureusement il est mort né. Ma soeur a été conçue peu de temps après... puis trois ans plus tard il y eu mon frère... et 10 ans après lui, je pointais le bout de mon nez... Chez nous, cela n'a jamais été dit tel quel mais cela a toujours été ressenti ainsi: ma soeur, c'est la belle, la beauté, la nana qui a tout pour elle et qui en plus n'est pas bête (même si son caractère est franchement pourri)... mon frère, c'est aussi le beau gosse, brun ténbreux, sportif (enfin quand il était jeune hein.. maintenant c'est plus tout à fait cela hihihi).. mais fénéant fini.. l'école et lui çà faisait deux... pourtant pas bête, au contraire, juste qu'il préférait avoir les mains dans le camboui que le nez dans les bouquins... et moi.. la dernière, la précieuse, celle qui a failli ne pas avoir de parents car ceux çi, suite à ma naissance, et chacun leur tour, ont eu de très très très gros soucis de santé.. la dernière donc, surprotégée, l'intello, la gentille mais intello.. la grosse, grande, gentille, intello... celle qui ne sera pas remarquée par un physique avantageux comme sa soeur ou son frère, mais par sa cervelle..celle qui n'ose jamais rien, parce qu'elle a peur de tout, celle qui est godiche de chez godiche, même encore à presque 34 ans...

Je n'ai pas eu d'éducation sexuelle, il faut le dire. Rien. Nada. Plutôt le contraire d'ailleurs...j'ai gentiment eu une vision très très très déplorable d'une quelconque intimité entre un homme et une femme..J'ai eu très peu d'amourettes...Je ne reproche rien. Juste que j'aurai aimé avoir l'air moins bête lorsque je suis tombée amoureuse de l'homme de ma vie et que notre relation a pris la tournure qu'il faut ( et que je ne regrette pas)... J'ai eu beaucoup de chance, l'homme de ma vie est ultra compréhensif, et ultra patient....Mais je redoute toujours qu'à cause de cela, un jour, sa patience ne s'égare....

Mes parents ont payé mes études, moi qui ne semblait être faite que pour cela... Ils ont vendu la maison et déménagé à plus de 1000 kms pour que je puisse faire le cursus que je voulais... on aurait pu aller plus près, sans vendre. Ils ont voulu en profiter pour retourner près de leur famille, dans le nord. Après cela, je ne pouvais pas tolérer l'échec. Je ne le pouvais pas avant, je ne le pouvais simplement plus du tout ensuite. Et pourtant, j'ai pataugé dans la semoule, je n'ai pas été au bout , j'étais comme bloquée, appeurée par une éventuelle réussite qui m'aurait mise sur le devant de la scène. Une pédo psy m'avait fait comprendre, en très peu de séances, que sur mes épaules d'ado de l'époque, il y avait une pression que je ne méritais pas.. et dont mes parents ne se rendaient pas compte... Aujourd'hui, j'ai toujours 13 ans...

Ma fille est la plus belle création que je ferai de toute ma vie... je l'aime. Je l'ai désiré. Vraiment. Mais, ce rôle de mère, m'a fait souffrir plus de 4 ans. Quatre années passées dans les pleurs, la culpabilité omni présente, le sentiment de ne jamais, jamais jamais faire ce qu'il faut. Cette impression d'être épiée, sans arrêt, jugée, constamment. Depuis le mois de novembre, je commence enfin et très doucement à prendre mon rôle de mère en me souciant moins, beaucoup moins du regard des autres. La situation avec elle est bien plus calme, les moments de colères sont égaux à ceux des autres enfants du même âge. Mais je rumine ces quatre années de véritable souffrance. Ces quatre années qui avouons le, m'ont totalement retiré l'envie d'avoir un autre enfant. Vraiment.

Ma taille, si imposante, a toujours été un soucis. J'ai toujours paru plus agée que mon age, à cause des vêtements adaptés à ma morphologie mais pas forcément à mon âge. J'ai sucité l'intérêt d'hommes bien plus vieux, qui ne pensaient qu'à assouvir un fantasme... les garçons de mon âge ne voyaient en moi que la bonne copine.... J'ai été grande et maigre, vraiment. J'ai été grande et grosse... J'ai été grande et "normale".. a l'heure actuelle je suis grande et... je ne sais pas.. je me vois grosse alors que mon entourage me trouve longiligne et mince...Depuis la naissance de ma fille, j'ai viré les 3/4 voire plus de mon armoire. J'étais partie dans l'idée que de toute façon, ça ne servait à rien de m'appréter. Seul le bien être de ma fille et de mon mari comptaient. Moi, on verrait après. Bizarre, ce discours je le connais, je l'ai entendu toute ma vie d'enfant et d'ado...Un jour, ma fille devait avoir deux ans et quelques, un de mes élèves me regardait avec le sourire, mais un sourire gentil, pas du tout moqueur... et il faisait des messes basses avec ses camarades... alors je lui ai demandé ce qu'il y avait.. et là, plein d'aplomb, il me dit "vous êtes sexy"... et les autres, filles comme garçons, d'approuver...j'en revenais pas...pourtant, je n'avais pas encore retrouvé ma ligne, pourtant.... et lorsque je raconte l'anecdote à l'homme de ma vie, il me dit "ils ont raison"...aujourd'hui, mon armoire est composée de six ou sept "tenues" (c'est vite dit!) toutes saisons confondues...mais.. toutes ou presques sont à changer... elles ne me correspondent pas, ni en style, ni en forme. Je me cache....Et pourtant, parfois, quand je me prend à faire un effort, à essayer d'associer au mieux les quelques frusques que j'ai, j'avoue apprécier le "wouaw maman t'es trop belle" de ma fille... ou de voir les étincelles dans les yeux de l'homme de ma vie...Mais... j'ai l'impression de me travestir. J'ai toujours en moi l'idée que ma soeur, elle, n'avait pas besoin de ça pour être belle.Que moi, sans maquillage ou beaux habits, je ne suis rien.Je ne ressemble à rien. Je suis fade....Donc, les exercices proposés tout au long de ce relooking sont très difficiles pour moi. Je pars de très très loin, et les marches sont longues à gravir!

Depuis que je sais que je suis allergique au parfum de synthèse, je m'interesse au bio ça fait près de 12 ans maintenant).Et, grâce (la faute plutôt) à mes recherches ..c'est limite devenue une obsession..Une de mes pensées récurrante: si t'es pas bio, t'es mort.... charmant...et pourtant je sais aussi que le "bio" ne veut rien dire.. qu'il peut être nocif aussi...ça m'obsède tellement que j'en suis malade quand je fais mes courses... la barre au ventre, les bouffées de chaleur, le malaise dans le magasin... de la pure folie... ça m'obsède, ça me pourrie et je ne m'en sors pas...

J'en ai marre de me plaindre.... Hier encore je discutais via Facebook avec une amie... et une fois de plus je me plaignais... je me suis mise à sa place et je me suis rendue compte combien cela devait être pénible.. je m'en suis excusée, elle m'a dit que c'était pas un problème, que j'allais y parvenir, qu'il fallait du temps... elle est aussi compréhensive que l'homme de ma vie... mais quand même.. ça me saoule... Pourquoi est ce que je n'arrive pas à prendre le taureau par les cornes??? pourquoi est ce que je fuis sans arrêt??? Peut être une lueur d'espoir... depuis longtemps, j'ai envie d'un tatouage... j'ai toujours reculé le fait d'éventuellement en faire un... mais depuis deux - trois ans, l'envie est forte... vraiment.. alors là, j'ai demandé à l'homme de ma vie de m'offrir ce petit tatouage que je voudrai, sur l'intérieur du poignet... comme une preuve que quelque part, derrière cette peur immense, plus grande que moi, il y a la vraie moi, celle qui enrage d'être coincée derrière ces peurs, ces croyances, ces idées pré conçues...Un tatouage pour marquer la fin d'une vie et le début d'une autre....